Ce qui est prévu

« Nous avons la forte détermination d’éradiquer tous les groupes armés nationaux et étrangers (...). » C’est ce que déclarait, le 24 février 2019, le président Félix Tshisekedi fraîchement investi. Le chef de l’État promettait alors d’inscrire comme priorité de son gouvernement « la pacification de tout le territoire national, en accélérant la lutte contre l’éradication des groupes armés qui sévissent et sèment la désolation auprès de nos populations ». Fin avril 2021, le même engagement est repris dans le programme d’actions du gouvernement.

Ce qui a été fait à ce stade

Pour le gouvernement, l’instauration de l’état de siège et le nouveau Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) pourraient contribuer à la « pacification définitive et complète du pays, notamment en mettant fin à l’existence des groupes armés dans l’est et dans le nord-est du pays ». Sur le terrain, le P-DDRCS n’a pas encore lancé ses activités et ne dispose pas du financement adéquat. Et le nombre des groupes armés n’a pas baissé dans l’est du pays, et les massacres de civils se poursuivent. Selon les données du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), plus de 2 500 civils ont été tués en Ituri et au Nord-Kivu depuis l'instauration de l'état de siège.
Kinshasa a alors décidé d’inviter l’armée ougandaise pour mener des « opérations conjointes » avec les Forces armées de la RDC, notamment dans la traque des Forces démocratiques alliées (ADF). Il est également envisagé de déployer une force régionale dans le cadre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) à laquelle la RDC a récemment adhéré. Parallèlement, sur recommandation des pays membres de l’EAC, des discussions de « dernière chance » ont été ouvertes, le 22 avril, avec les groupes armés à Nairobi pour les convaincre à déposer volontairement les armes.