Accalmie des combats, record d’enlèvements : les civils demeurent cibles de la violence dans l’est du Congo
Résumé
Le mois de juillet 2026 s’est distingué par le plus faible nombre d’affrontements armés documenté par le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker - KST) depuis sa reprise en octobre 2025. Au total, 247 incidents sécuritaires ont été documentés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, soit une diminution de 30 % par rapport à la moyenne mensuelle observée depuis octobre 2025. Cette diminution contraste avec un record du nombre d’enlèvements, en hausse de 41 %, traduisant un déplacement de la violence des combats entre groupes armés vers les atteintes directes aux civils.
Le Mouvement du 23 mars (M23) concentre à lui seul près de la moitié des civils enlevés (93 sur 203), avec d’importants enlèvements collectifs, principalement à Goma et dans le territoire de Rutshuru. Les Forces armées sud-soudanaises (South Sudan People’s Defence Forces, SSPDF) qui font des incursions sur le territoire congolais ont, quant à elles, enlevé 11 personnes en un seul incident dans la zone frontalière de la chefferie de Kakwa, en Ituri.
Alors que très peu d’affrontements impliquant les Allied Democratic Forces (Forces démocratiques alliées - ADF) ont été documentés, le mois de juillet 2026 a marqué une réintensification de leur violence létale contre les civils. Le territoire de Mambasa, en Ituri, devenu le principal foyer de l’activisme des ADF, a concentré 49 des 114 tueries qui leur sont attribuées en juillet 2026.

Les ADF étendent leurs zones d’influence et réintensifient leurs exactions contre les civils
Alors qu’il n’y a plus eu d’offensives ciblant les ADF depuis la reconfiguration du commandement des opérations Shujaa en juin 2026, ceux-ci évitent de nouveau la confrontation directe, tout en conservant un mode opératoire particulièrement violent, presque la moitié des tueries leur sont attribuées.
Le 15 juillet, au village de Kalunga, dans la commune rurale de Mangina, territoire de Beni, des combattants ADF ont tué 14 civils. Le 18 juillet, six corps en état de décomposition ont été découverts au quartier Sayo, dans la ville de Beni. Ces décès seraient liés aux attaques des ADF survenues dans la zone, le 13 juillet 2026.
Le 21 juillet, au village Makumo, groupement Bapakombe, secteur Bapere, territoire de Lubero, 12 civils ont été tués lors d’une incursion ADF. Avant de se retirer, les assaillants ont pillé puis incendié des maisons de commerce. Cette attaque a déclenché un déplacement massif de la population dans la zone.
Le 22 juillet, au village Mununzei, groupement Baswagha-Madiwe, secteur Beni-Mbau, territoire de Beni, des combattants ADF ont mené une incursion qui a duré près de deux heures. Le bilan fait état de 18 civils tués, dont cinq garçons. Les assaillants se sont ensuite retirés en direction de l’Ituri. Le même groupe a investi le village Njiapanda, situé sur l’axe Makumo - Mangina, dans le territoire de Mambasa, où il a tué 18 civils. Une intervention conjointe de la coalition Union des patriotes pour la libération du Congo (UPL) et des Forces armées de la RDC (FARDC) ont permis de repousser les ADF.
Le 31 juillet, dans le groupement Teturi, en territoire de Mambasa, une attaque des ADF a été signalée contre le site minier de Mungu Iko, au cours de laquelle dix personnes ont été tuées.
La thèse des « tueries en représailles aux opérations militaires » est de moins en moins soutenable. Depuis quelques semaines, les ADF massacrent davantage lorsque la pression directe sur eux est faible, et leurs tueries s’inscrivent dans des phases d’activisme où ils initient aussi les affrontements.

Baisse de l’activisme des groupes armés en Ituri
Malgré la baisse de l’activisme des principaux groupes armés de la région, l’absence de l’autorité de l’État et l’activisme de South Sudan People's Defence Forces (SSPDF) dans les zones frontalières entre la RDC et le Soudan du Sud contribue à la prolifération de l’insécurité dans cette partie de la province de l’Ituri.
La Convention pour la révolution populaire (CRP) et la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), historiquement les deux groupes armés les plus actifs et rivaux de la province, sont en retrait depuis maintenant plusieurs semaines.
Le 14 mai 2026, la CRP a annoncé un cessez-le-feu unilatéral pour favoriser l’ouverture de pourparlers avec le gouvernement. Le groupe a depuis sensiblement réduit son activisme dans ses zones d’influence. Pour le mois de juillet 2026, le KST n’a documenté aucun incident impliquant la CRP. Néanmoins, quelques affrontements ont été signalés au début du mois d’août 2026.
De son côté, la Codeco, qui s’est restructurée en mouvement politico-militaire, dit continuer de respecter les engagements pris dans le cadre des dialogues d’Aru I (mai 2023) et d’Aru II (juin 2025), à l’issue desquels le groupe s’était engagé à cesser les hostilités. Le KST n’a documenté aucun affrontement impliquant la Codeco durant le mois de juillet 2026, quoique des cas de pillage et de braquage attribués à ses éléments aient été signalés.
Toutefois, d’autres groupes continuent leur activisme. Le 1er juillet, au village Liga, dans le groupement Rumu, chefferie de Kakwa, territoire d’Aru, 11 personnes, dont trois femmes et huit hommes, ont été enlevées par des éléments des SSPDF. La veille, sept autres personnes, dont deux femmes et cinq hommes, avaient été enlevées par le même groupe dans la même localité et conduites vers le Soudan du Sud. À l'heure de la rédaction du présent rapport, le sort de ces otages demeure inconnu.
Le 21 juillet, au village Adomi, dans le groupement du même nom, chefferie de Kakwa, des hommes non identifiés ont tué un ressortissant ougandais en le décapitant à coups de machette, avant d’abandonner son corps sur la route. Selon nos sources, la victime était un commerçant qui venait régulièrement vendre des articles au village Adomi. À ce jour, les causes de cet assassinat demeurent inconnues.
Le 22 juillet, au village Arile, groupement Rumu, chefferie de Kakwa, des combattants du National Salvation Front (Front national du salut - NSF), une rébellion sud-soudanaise, ont fait incursion dans le village et emporté du bétail ainsi que d'autres biens de valeur. Avant de se retirer, ils ont blessé trois hommes qui avaient tenté de leur résister. Deux des trois blessés ont succombé à leurs blessures quelques heures plus tard.
Moins de combats, plus d’enlèvements dans les zones sous occupation du M23
Durant le mois de juillet, les espaces sous contrôle et influence de la rébellion du M23 ont connu moins de combats et davantage d’atteintes directes aux civils, typiquement des enlèvements et des kidnappings. Ce profil de violence suggère une logique de consolidation du contrôle territorial plutôt que des ambitions offensives expansionnistes. Sur la période, aucun des affrontements documentés ne visait une expansion territoriale, ceux-ci relevant plutôt de réactions aux incursions ou attaques des groupes de la mouvance Wazalendo.
Le 1er juillet, dans la ville de Goma, alors que la population célébrait un but des Léopards, l’équipe nationale de football de la RDC lors de la Coupe du monde, au moins 33 personnes ont été enlevées par la rébellion du M23. La rébellion avait en effet interdit tout attroupement et toute célébration publique pendant la durée de la compétition ; ces personnes ont été arrêtées pour avoir enfreint cette interdiction. Les victimes ont été relâchées trois jours plus tard.
Dans la nuit du 5 au 6 juillet, la rébellion du M23 a procédé à l’interpellation d’au moins 50 personnes dans plusieurs quartiers de la ville. Ces personnes étaient accusées de ne pas avoir participé à la marche contre les sanctions de l’ONU visant l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23, organisée par la rébellion elle-même. Certaines d’entre elles ont été libérées quelques jours plus tard, tandis que d’autres seraient toujours en captivité.
Le 20 juillet, au village de Minova, dans le groupement de Buzi, secteur de Buhavu, territoire de Kalehe, le président du Réseau de protection et de plaidoyer de Minova a été enlevé avec 7 autres jeunes de la localité. La rébellion du M23 leur reprochait de ne pas avoir participé à une marche dite « pacifique » qu’elle avait elle-même organisée.
Le 25 juillet, au village de Kirumba, dans le territoire de Lubero, six hommes ont été enlevés par les rebelles du M23. Ils étaient accusés de collaborer avec un député national dans l'intention de déstabiliser la commune rurale de Kirumba, grâce à un financement de cet élu. Selon nos sources, l'une des victimes a été relâchée, tandis que les cinq autres restent en captivité, où elles subiraient des tortures.
Le 31 juillet, au village de Kigarama/Rurambo, dans le groupement d’Itara-Luvungi, secteur de Bafuliru, territoire d'Uvira, la rébellion du M23 et ses alliés ont investi un site abritant des populations ayant fui les affrontements. Les rebelles y ont sélectionné puis emmené 22 personnes, dont 20 jeunes garçons. Le sort de ces otages demeure inconnu à ce jour.
En plus des enlèvements, le territoire de Rutshuru est resté un champ de bataille, concentrant 15 des 31 combats à l'initiative de la rébellion durant le mois de juillet. Ces affrontements ont principalement ciblé les Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR) et leurs alliés.
Du 12 au 15 juillet, le village de Kirumba, groupement Bambu, secteur de Bwito, a été le théâtre de plusieurs affrontements entre les combattants du M23 et les FDLR. Le 12 juillet, les combattants du M23 ont tendu une embuscade à des éléments FDLR qui tentaient de s’introduire dans le village pour piller. Après environ deux heures de combats, les FDLR ont été contraints de se replier dans le parc national des Virunga ; deux combattants ont été tués, un dans chaque camp.
Le 13 juillet, lors d’une nouvelle incursion, les FDLR sont de nouveau tombés dans une embuscade du M23 ; l’échange de tirs, d'une vingtaine de minutes, a fait deux morts, un de chaque côté.
Le 15 juillet, deux incursions successives ont été signalées : lors de la première, l’alerte donnée par la population a permis aux combattants du M23 d’intervenir et de repousser les FDLR après une vingtaine de minutes d'échanges de tirs ; lors de la seconde, les combattants FDLR ont pillé des habitants, emportant notamment des téléphones et de l'argent, avant que le M23, alerté à son tour, ne parvienne à les chasser après environ 45 minutes de combats. Les FDLR se sont à nouveau repliés dans le parc national des Virunga.
Le 22 juillet, dans le groupement Mutanda, secteur de Bwito, sur le tronçon Rwindi–Kibirizi, des combattants du M23 ont attaqué des positions des FDLR et des Collectif des Mouvements pour le Changement / Forces de Défense du Peuple (CMC/FDP). Après environ deux heures de combats, les combattants des FDLR et des CMC/FDP ont été délogés de leurs positions. Les civils qui se trouvaient dans les champs ont été contraints de fuir ; trois d’entre eux ont été blessés. Trois combattants ont été tués, dont un des FDLR et deux des CMC/FDP.
On peut donc parler de pause offensive et de bascule vers la prédation, mais pas d’un désengagement militaire.

À propos
Ebuteli est un institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, basé à Kinshasa.
Site web : https://ebuteli.org
X (ex-Twitter) : @ebuteli | @BarometreKST

Le piège de la tolérance : cuivre-cobalt artisanal dans le Haut-Katanga et le Lualaba
Dans son nouveau rapport intitulé Le piège de la tolérance : cuivre-cobalt artisanal dans le Haut-Katanga et le Lualaba, Ebuteli analyse la manière dont les autorités publiques gèrent l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt dans ces deux provinces.
Le rapport montre que la tolérance de l’exploitation artisanale en dehors du cadre légal est devenue un mode de gouvernance du secteur. Elle permet de contenir temporairement les tensions sociales, mais entretient indirectement l’insécurité juridique, les prélèvements arbitraires, les conditions de travail dangereuses et les conflits entre plusieurs acteurs autour des sites miniers.
L’exploitation artisanale s’est développée à la suite de l’effondrement de la Gécamines et de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Officiellement autorisée en 1998, elle est devenue une source de revenu et de survie pour des milliers de personnes.
Les différentes tentatives de formalisation, révision du code minier, création du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (Saemape) et de l’Entreprise générale du cobalt (EGC), n’ont cependant pas permis d’établir un cadre stable.
Le rapport montre également la nette tension entre l’exploitation artisanale et exploitation industrielle. Alors que la loi réserve l’exploitation artisanale à de zones d’exploitation artisanale (ZEA), celles-ci restent trop peu nombreuses et souvent peu viables en raison de leur faible potentiel minéral, de leur accessibilité ou du manque d’infrastructures. De nombreux exploitants artisanaux travaillent ainsi sur des concessions industrielles, sans droits clairement reconnus.
Cette situation oppose les entreprises minières, qui revendiquent leurs titres légaux, aux exploitants artisanaux, qui invoquent souvent leur ancienneté sur les terres et l’absence d’autres sources de revenus. Entre les deux parties, les autorités privilégient souvent des arrangements temporaires qui favorisent les paiements informels et les abus.
La formalisation du secteur artisanal ne peut donner des résultats satisfaits sans un accompagnement politique de protection sociale en général et de travail décent en particulier.
Pour Ebuteli, la formalisation suppose un choix politique assumé : créer des ZEA viables, assurer un encadrement effectif, rendre la fiscalité accessible et renforcer la protection sociale ainsi que les conditions de travail des exploitants artisanaux.
Lancement de Landila, le premier baromètre de suivi des engagements du gouvernement congolais
Le gouvernement tient-il ses engagements ? Quelles priorités s’est-il fixées dans des secteurs aussi essentiels que la santé, la justice, les mines ou la sécurité ? Où en est leur mise en œuvre ? Depuis 2021, Ebuteli documente l’action de l’exécutif à travers le volet « suivi de l’exécutif » sur Talatala. Entre 2021 et 2023, ce travail a permis de suivre 68 engagements du gouvernement dans les domaines de la justice, de la lutte contre la corruption, de la sécurité et de la gouvernance électorale.
Fort de cette expérience, Ebuteli franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec le lancement de Landila, « suivre », en kikongo, premier baromètre citoyen entièrement consacré au suivi de l’action du gouvernement en République démocratique du Congo (RDC).
Complémentaire à Talalata, qui suit le travail parlementaire, Landila suit de manière transparente l’état d’avancement des engagements pris par l’exécutif congolais. Dans sa phase initiale, ce nouvel outil civic tech d’Ebuteli couvre des engagements répartis dans six ministères clés : Mines, Économie nationale, Genre, Famille et Enfant, Justice, Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières ainsi que la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Les engagements suivis sont identifiés dans le Programme d’action du gouvernement et des déclarations publiques.
À travers le lancement de Landila, Ebuteli met à la disposition des citoyens, des parlementaires, des chercheurs, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers, des données fiables et régulièrement mises à jour pour un suivi efficace des engagements du gouvernement. L’objectif est de renforcer la transparence, la redevabilité et de nourrir un débat public éclairé autour de l’action du gouvernement.
Le baromètre citoyen est disponible sur https://landila.ebuteli.org/
Près de 60 % des Congolais pensent que le pays va dans la mauvaise direction, mais épargnent leurs dirigeants

1. Tendances générales
À première vue, le diagnostic des Congolais est sévère. Près de six répondants sur dix estiment que le pays va dans la mauvaise direction. Cette proportion est passée de 49 % en avril 2024 à 61 % en décembre de la même année, avant de reculer légèrement à 58 % en mars 2026. 
Ce pessimisme ne se traduit toutefois pas par un rejet des dirigeants du pays. Ainsi, 86 % des répondants déclarent avoir une « très bonne opinion » (52 %) ou une « assez bonne opinion » (34 %) du président Félix Tshisekedi. Ce résultat est bien supérieur à ceux enregistrés par les principales figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu (47 %) et Moïse Katumbi (46 %). Il constitue également le niveau le plus élevé observé dans nos enquêtes d’opinion depuis 2019. Après avoir atteint un point bas entre 2021 et 2023[1], où les opinions favorables oscillaient entre 29 % et 40 %, la cote du chef de l’État a fortement rebondi après les élections de 2023.

Comment expliquer cela ? En 2023, à l’approche des élections, Ebuteli avait déjà observé un phénomène similaire : alors qu’une partie croissante des Congolais se montrait critique envers la manière dont le pays était gouverné, une nette majorité continuait d’exprimer sa préférence pour le président sortant, Félix Tshisekedi.
À l’époque, nous avions notamment souligné l’efficacité d’une campagne largement structurée autour des thèmes du nationalisme, de la souveraineté et de la menace rwandaise, dans un contexte où l’opposition peinait à imposer un récit alternatif. Les données actuelles ne permettent pas de déterminer dans quelle mesure ces facteurs continuent d’influencer l’opinion publique. Elles suggèrent toutefois que de nombreux répondants distinguent les dirigeants des institutions qu’ils incarnent, ce qui tend à préserver l’image des premiers et à les déresponsabiliser alors même que les seconds font l’objet d’évaluations beaucoup plus sévères.

Sur les questions relatives aux libertés civiles, un fossé important s’est également creusé entre, d’une part, les provinces où l’opposition bénéficie d’un fort soutien et celles où l’armée est déployée, et, d’autre part, le reste du pays.
Au Maniema, province d’origine de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo et d’Emmanuel Ramazani Shadary, rival de Tshisekedi lors des élections de 2018, 70 % des personnes interrogées se disent préoccupées par la répression de l’opposition. Dans les provinces du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental, cette proportion tombe à 50 %. Des disparités similaires ont été observées concernant les questions relatives à la liberté d'expression et à la liberté de réunion.
Cette préoccupation apparaît également lorsqu’on interroge les répondants sur les récentes arrestations de membres de l’opposition, de journalistes et de militaires par le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Au total, 58 % des personnes interrogées se déclarent très préoccupées (34 %) ou assez préoccupées (24 %) par ces arrestations, contre 33 % qui se disent peu ou pas du tout préoccupées. Ce résultat suggère que les restrictions perçues des libertés publiques suscitent des inquiétudes au-delà des seuls bastions traditionnels de l’opposition.

2. Situation politique
L’un des principaux enseignements politiques du sondage est que les Congolais continuent de privilégier la démocratie comme mode d’organisation du pouvoir. En revanche, ils se montrent plus réservés sur la manière dont elle fonctionne et sur les résultats qu’elle produit.
a. La démocratie toujours populaire chez les Congolais
La démocratie reste le régime préféré de 57 % des répondants, loin devant toute alternative autoritaire ou militaire (26 %), même si cette proportion est en recul par rapport à 2022, lorsque 77 % des répondants exprimaient une préférence pour la démocratie. Par ailleurs, une large majorité des répondants déclarent se sentir libres ou assez libres d’exprimer leurs opinions politiques (78 %) et de participer à une manifestation publique (66 %).
Ce soutien au principe démocratique contraste toutefois avec le regard plus critique porté sur le fonctionnement des institutions. Près de la moitié des répondants (45 %) ne pensent pas que les élections initialement prévues avant fin 2028 auront lieu dans les délais. Ce résultat laisse transparaître un doute sur la capacité des institutions à respecter leurs propres échéances. Les retards observés dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), publiée en avril 2025[3], peuvent contribuer à alimenter cette perception.
b. Des institutions fragilisées, des dirigeants mieux préservés
La méfiance n’affecte pas toutes les institutions de la même manière. Le gouvernement est perçu comme l’institution la plus corrompue du pays par 22 % des répondants, devant le pouvoir judiciaire (18 %) et l’Assemblée nationale (16 %).

La crise de confiance mise en évidence par le sondage semble ainsi viser d’abord les institutions elles-mêmes : leur fonctionnement, leur réputation ou leur capacité à produire des résultats. Les dirigeants, quant à eux, paraissent davantage jugés sur leur trajectoire personnelle ou leur image publique.
Les deux évaluations coexistent sans se confondre : les Congolais critiquent sévèrement plusieurs institutions tout en préservant, dans une certaine mesure, leur jugement sur des responsables qui les incarnent.
Le contraste est particulièrement visible lorsqu’on observe les préférences politiques. Félix Tshisekedi est cité comme personnalité politique préférée par 35 % des répondants. Derrière lui, les préférences se dispersent entre une multitude de figures politiques : Moïse Katumbi recueille 5 %, Martin Fayulu 4 % et Joseph Kabila 3 %. Autrement dit, les personnalités politiques continuent de susciter davantage d'adhésion que les organisations censées les porter.

La Première ministre Judith Suminwa bénéficie d’une opinion favorable auprès de 69 % des personnes interrogées, malgré l’impopularité du gouvernement. L’Assemblée nationale inspire confiance à seulement 43 % des répondants, tandis que son président, Aimé Boji, recueille 56 % d’opinions favorables. Le même décalage s’observe au Sénat : Sama Lukonde bénéficie de 60 % d’opinions favorables, alors que seuls 45 % des répondants déclarent faire confiance à l’institution qu’il dirige.

c. Les médias, l’armée et les confessions religieuses parmi les institutions avec un niveau de confiance plus élevé
La défiance envers les institutions ne se traduit pas par une disparition générale de la confiance. Elle se redistribue. Les acteurs les mieux notés ne sont ni le gouvernement ni le Parlement. Les médias arrivent en tête avec 76 % d’opinions favorables, suivis des FARDC (75 %), des confessions religieuses (72 %) et de la société civile (67 %). Le gouvernement (55 %), la justice (50 %) et la police (50 %), ainsi que les gouvernements et assemblées provinciaux obtiennent des résultats nettement inférieurs.

La première place occupée par les médias mérite d’être soulignée. Ils apparaissent comme l’institution la plus crédible du pays. Ce résultat intervient pourtant dans un contexte marqué par diverses pressions sur l’information. Dans un récent rapport consacré aux Grands-Lacs[4], Reporters sans frontières (RSF) décrit un environnement de plus en plus difficile pour les journalistes congolais : arrestations, menaces, suspensions de médias et restrictions liées à la couverture de la guerre dans l’Est. Malgré ces contraintes, les médias continuent de bénéficier d’un niveau de confiance supérieur à celui des institutions politiques.
Le résultat concernant les FARDC est tout aussi remarquable. Avec 75 % d’opinions favorables, l’armée figure parmi les institutions les plus appréciées du pays alors même que plusieurs localités et villes de l’Est, dont Goma et Bukavu, échappent toujours au contrôle de Kinshasa. Les revers militaires ne semblent donc pas avoir entamé la confiance accordée à l’institution. Cette confiance peut notamment refléter la forte mobilisation patriotique suscitée par le conflit dans l’est du pays et aussi la difficulté de critiquer l’armée publiquement.
Les confessions religieuses et les organisations de la société civile complètent ce groupe d’acteurs bénéficiant d’un fort niveau de confiance.
Dans un contexte marqué par la défiance à l’égard des institutions politiques et des partis, elles continuent d’occuper une place particulière dans l’espace public. Une tendance se dégage : les institutions qui gouvernent ou représentent les citoyens figurent parmi les plus contestées, tandis que celles qui informent, encadrent ou accompagnent la population bénéficient d’un crédit plus important.
d. Six Congolais sur dix ne font pas confiance aux partis politiques
S’il est une institution qui se distingue nettement dans le sondage, ce sont les partis politiques. Six Congolais sur dix déclarent ne pas leur faire confiance, dont 41 % qui leur refusent toute confiance. Aucun autre acteur institutionnel ne suscite un tel niveau de défiance.

Les résultats relatifs à l’engagement politique des jeunes éclairent ce constat. Près de 60 % des répondants estiment que les jeunes rejoignent les partis avant tout dans l’espoir d’obtenir un emploi ou d’améliorer leur situation économique. Seuls 15 % évoquent une adhésion fondée sur des convictions idéologiques. Les ligues de jeunes ne sont guère mieux perçues : 40 % des répondants les considèrent comme manipulées ou violentes et 32 % comme de simples relais des élites politiques.
Cette défiance pourrait expliquer les réactions suscitées par la suspension des activités de plusieurs formations proches du mouvement « Sauvons le Congo », dont le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Près d’un répondant sur deux (49 %) juge ces mesures justifiées ; 27 % y voient une atteinte au pluralisme politique.
Ces résultats ne renseignent pas seulement sur l’image des partis politiques, ils interrogent leur capacité à remplir leur fonction de représentation et d’éducation civique. Alors que les médias, les confessions religieuses ou encore la société civile conservent un niveau de confiance relativement élevé, les partis apparaissent comme le maillon faible du système politique.
3. Situation économique du pays
Les données traduisent une perception négative de la situation économique du pays. Cette appréciation renvoie aux conditions de vie des ménages, notamment au pouvoir d’achat, à l’emploi et à la pauvreté. Lorsqu’on leur demande d’évaluer la situation économique actuelle de la RDC, plus de la moitié des répondants (52 %) la jugent « mauvaise » ou « très mauvaise ». À l’inverse, seuls 14 % la considèrent comme « bonne » ou « très bonne ».
Les autres indicateurs confirment ce malaise. Le constat est plus marqué concernant le chômage et la pauvreté. Dans les deux cas, une large majorité estime que la situation s’est détériorée dans son quartier ou sa commune. Ainsi, 70 % des répondants considèrent que la pauvreté « a augmenté », tandis que 71 % déclarent que le chômage « a progressé »
L’insécurité dans certaines zones pèse sur les activités économiques, l’accès aux marchés et l’approvisionnement des populations. Les données publiées par la Cellule d’analyse des indicateurs de développement (CAID)[5] en avril signalent également des hausses importantes des prix de plusieurs produits alimentaires de base. Les prix du riz, du maïs, de l’huile végétale ou encore de la farine de manioc ont notamment augmenté dans des territoires et villes comme Dugu, Kutu, Libenge et Lubumbashi.


Cette évolution sur les prix aide à comprendre les perceptions exprimées dans le sondage, surtout sur le pouvoir d’achat.
Alors qu’au niveau national, 42 % des répondants déclarent une baisse de leur pouvoir d’achat, cette proportion atteint 59 % au Nord-Kivu, 51 % au Sud-Ubangi et 49 % en Ituri. Ces écarts suggèrent que les perceptions économiques les plus négatives sont aussi plus fréquentes dans les zones confrontées à l’insécurité, aux tensions sur les prix ou aux perturbations des marchés.
a. Corruption et confiance dans les institutions
La perception de l’évolution de la corruption demeure largement négative. Près de la moitié des répondants (46 %) estiment que le niveau de corruption a augmenté au cours des 12 derniers mois. À l’inverse, 29 % considèrent qu’il a diminué, tandis que 18 % pensent qu’il a ni augmenté ni diminué.

La comparaison avec les résultats de notre sondage de 2024 [6]montre toutefois une certaine stabilité dans cette perception. En 2024, 47 % des répondants estimaient que le niveau de corruption avait augmenté.
Par ailleurs, lorsqu’il s’agit d’évaluer les institutions les plus efficaces dans la lutte contre la corruption, c’est l’appareil judiciaire qui arrive en tête, avec 31 % des réponses, devant l’Inspection générale des finances (IGF), citée par 20 % des répondants, et l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), citée par 18 %.

b. Politiques sociales et accès aux services de base
Une majorité relative des répondants (54 %) estime que la gratuité de l’enseignement fonctionne bien. Toutefois, 45 % expriment une opinion contraire. Ce résultat traduit les débats persistants autour de cette réforme. L’augmentation des effectifs scolaires n’a pas toujours été accompagnée d’une amélioration équivalente des infrastructures, des équipements ou des conditions de travail du personnel enseignant. Dans plusieurs établissements, les contributions des parents continuent par ailleurs de jouer un rôle important dans le fonctionnement quotidien des écoles.

Les opinions sont un peu différentes en ce qui concerne la gratuité de la maternité. La moitié des répondants considèrent qu’elle ne fonctionne pas bien, contre 45 % qui en ont une appréciation positive. Les contraintes financières ou budgétaires limitent la portée de cette politique publique et la qualité des prestations. Les maternités sont ainsi confrontées aux ruptures de stocks de médicaments ; les factures de certaines formations sanitaires ne sont pas honorées pendant plusieurs mois. La taxe de promotion de la santé (2 % des importations) continue de soulever des controverses.
c. Environnement, hydrocarbures, mines
L’exploitation du pétrole fait l’objet d’un large consensus parmi les répondants. Plus de 74 % des Congolais interrogés estiment que le pays devrait exploiter ses ressources pétrolières, y compris dans les aires protégées. Une tendance similaire apparaît concernant la relance de l’appel d’offres sur les blocs pétroliers, lancé en 2022 avant d’être prolongé à plusieurs reprises puis finalement annulé.

Cette adhésion contraste avec les difficultés structurelles du secteur pétrolier documentés par Ebuteli en 2025[7], notamment les faiblesses de gouvernance, le manque de transparence, la faible capacité de régulation de l’État et les risques environnementaux.
Malgré ces défis, le soutien à l’exploitation pétrolière demeure élevé, y compris dans le Kongo-Central, seule province où le pétrole est actuellement exploité. Dans cette province, 75 % des répondants se déclarent favorables à l’exploitation du pétrole partout où il se trouve, même dans les aires protégées.
Ce résultat ne signifie pas pour autant que les préoccupations environnementales sont absentes. Au contraire, 70 % estiment que la protection de l’environnement constitue une priorité pour les autorités congolaises, et près de 80 % pensent que l’usage des sacs et bouteilles en plastique devrait être interdit.
4. Situation sécuritaire du pays
La violence s’est intensifiée dans l’est de la RDC ces dernières années. Début 2025, la rébellion de l’AFC/M23 a réussi à prendre le contrôle de Goma et Bukavu, et demeure présente dans de vastes zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Parallèlement, les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé islamiste d’origine ougandaise, a récemment intensifié ses attaques contre les civils, tuant au moins 496 personnes cette année[8].
Face à l’AFC/M23, le gouvernement congolais n’est pas parvenu à inverser durablement le rapport de force militaire malgré un recours accru aux frappes de drones. Sur le plan diplomatique, le gouvernement américain occupe une position particulière : il joue à la fois un rôle de facilitateur dans les négociations et de principal promoteur des sanctions visant les responsables rwandais impliqués dans le conflit.
Pourtant, le processus de paix a produit peu d’avancées concrètes. Malgré la multiplication des accords et des cessez-le-feu, l’armée rwandaise reste largement déployée dans l’est de la RDC. Dans le même temps, le gouvernement congolais continue de mettre l’accent sur l’option militaire, alors que les contours d’un règlement durable du conflit restent incertains.
C’est dans ce contexte que s’inscrivent les questions relatives à la sécurité posées dans l’enquête. Les personnes interrogées ont donné des réponses tout aussi ambivalentes que lors des enquêtes précédentes menées par Ebuteli.
Trente-neuf pour cent des personnes interrogées jugent « bonne » ou « excellente » la gestion de la crise sécuritaire par le gouvernement, soit une baisse de sept [9] points par rapport à la même question posée deux ans plus tôt. À l’inverse, 30 % l’estiment « mauvaise » ou « très mauvaise », tandis que 27 % la qualifient de « moyenne ».

Dans le même temps, 70 % des répondants privilégient des approches non militaires pour faire face à la crise. Parmi eux, 37 % citent le dialogue national, 18 % les négociations directes avec l’AFC/M23 et le Rwanda, et 15 % le recours à des pressions diplomatiques. À l’inverse, seuls 27 % estiment que le gouvernement devrait poursuivre l’option militaire. Cette évolution contraste avec les résultats d’une enquête similaire réalisée en 2024, où une majorité de répondants (52 %) rejetait encore l’idée de négocier avec le M23 et le Rwanda.

Par ailleurs, seuls 36 % des répondants estiment justifié de consacrer 30 % du budget national aux dépenses de sécurité. Pris ensemble, ces résultats suggèrent une forme d’usure à l’égard de la guerre et un intérêt croissant pour les solutions négociées. Cette tendance est toutefois moins marquée au Nord-Kivu et en Ituri, où les répondants demeurent plus favorables à l’option militaire.

Cette évolution ne se traduit pas pour autant par une perte de confiance envers les FARDC. Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain, 75 % des répondants déclarent leur faire « beaucoup » ou « assez » confiance.

Ce qui est peut-être encore plus frappant, c’est le soutien apporté aux Wazalendo, des milices locales de l’est de la RDC qui ont reçu l’appui du gouvernement, mais qui ont également été accusées d’avoir commis plusieurs exactions contre des civils lorsque les FARDC reprenaient la ville d’Uvira, le 18 janvier[10]. Au total, 62 % des personnes interrogées se déclarent favorables à ce qu’on leur fournisse des armes pour résoudre la crise. Ce chiffre marque une nette progression par rapport aux 45 % enregistrés en avril 2024.

À l’inverse, l’opinion publique demeure largement critique à l’égard de la présence des troupes ougandaises dans le cadre des opérations conjointes Shujaa. Déjà majoritaire en 2021 (55 %) puis en 2022 (48 %), cette méfiance atteint désormais 60 % au niveau national et 67 % en Ituri, province où ces forces sont principalement déployées.

a. La communauté internationale
Les répondants se montrent relativement optimistes quant au rôle que pourraient jouer les États-Unis dans la recherche d’une solution. Au total, 64 % estiment que Washington peut contribuer à résoudre la crise. Une majorité (56 %) considère même que la RDC devrait accorder la priorité aux entreprises américaines dans l’exploitation de ses ressources stratégiques si les États-Unis obtenaient le retrait des troupes rwandaises.
L’implication remarquée des États-Unis dans les efforts diplomatiques pourrait contribuer à expliquer cette perception favorable. Au total, 33 % des répondants déclarent avoir une « très bonne opinion » des États-Unis et 39 % une « bonne opinion », soit 72 % d’opinions favorables.
Ce niveau rapproche l’image des États-Unis de celle observée entre 2016 et 2019. À l’inverse, la pandémie de Covid-19 puis la crise du M23 avaient contribué à une dégradation de l’image des partenaires occidentaux. En 2023, seuls 35 % des répondants exprimaient une opinion favorable à l’égard des États-Unis, tandis que la Chine et la Russie occupaient les premières places.


Aujourd’hui, les répondants ont une opinion favorable de plusieurs partenaires étrangers : les États-Unis (72 %), la Chine (70 %), l’Angola (69 %), l’Afrique du Sud (69 %), la Russie (65 %), la Belgique (64 %), le Qatar (61 %), la France (60 %), le Togo (60 %) et le Burundi (60 %). Sans surprise, l’Ouganda (44 %) et surtout le Rwanda (11 %) occupent les dernières positions.

Par rapport aux années précédentes, l’image des Nations unies semble également s’être améliorée. En janvier 2023, seuls 23 % des répondants avaient une opinion favorable de la Monusco et près de deux tiers souhaitaient son départ. Bien que l’enquête n’ait pas comporté de question spécifique sur la mission onusienne, 65 % des répondants déclarent aujourd’hui avoir une opinion favorable des Nations unies.
Les raisons de cette évolution demeurent difficiles à établir. Elle pourrait toutefois refléter une diversification des attentes des Congolais, qui semblent désormais se tourner davantage vers une pluralité d’acteurs internationaux, mais aussi vers leur propre gouvernement, pour contribuer à la résolution du conflit.
b. Le scepticisme des femmes à l’égard des options militaires
Sur la plupart des questions, les écarts entre hommes et femmes demeurent limités. Ils deviennent toutefois plus marqués lorsqu’il est question de la gestion du conflit dans l’Est. Les femmes se montrent nettement moins favorables aux options militaires. Par exemple, à la question « Que devrait faire le gouvernement pour mieux gérer la crise du M23 ? », 33 % des hommes se déclarent favorables à la poursuite de la guerre, contre 20 % des femmes. De même, 67 % des hommes soutiennent la fourniture d’armes aux Wazalendo, contre 56 % des femmes.

Pour en savoir plus sur la méthodologie[11]
Remerciements
Cette note est le fruit d’un travail collectif mené au sein d’Ebuteli. Outre les chercheurs des différents piliers de recherche, elle a également bénéficié des contributions d’Olivia Kayumba, Clarisse Ngalula et Michel Nonga, fellows de la cinquième cohorte d’Ebuteli Fellowship.
À propos
GeoPoll, fondée en 2005, Mobile Accord, Inc. (MAI), est une société de recherche à service complet spécialisée dans les enquêtes mobiles. Les produits et services de GeoPoll permettent aux organisations non gouvernementales (ONG), aux entreprises sociales, aux entreprises du secteur privé, aux organisations internationales et aux clients commerciaux de tirer parti de la puissance de la technologie mobile.
Ebuteli est l’institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, basé à Kinshasa et à Goma. Notre bureau de Goma est momentanément fermé.
Site web : https://ebuteli.org
X (ex-Twitter) : @ebuteli
L’identification de la population peut-elle redevenir un levier du « glissement » ?
L’identification de la population reste un sujet politique sensible en République démocratique du Congo (RDC). Aujourd’hui, Ebuteli publie une nouvelle note de sa série sur les réformes institutionnelles, intitulée L’identification de la population peut-elle redevenir un levier du « glissement » en RDC ?
Cette étude analyse les enjeux techniques, financiers , institutionnels et politiques liés à l’identification de la population, au recensement général de la population et la préparation des élections de 2028.
Comment identifier, recenser et enrôler sans faire glisser le calendrier électoral ? Depuis 2006, les processus électoraux en RDC reposent sur des fichiers électoraux constitués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). L’idée d’extraire le fichier électoral du fichier général de la population remonte en 2014, avec la mise en place des animateurs de l’Office national d’identification de la population (Onip).
À une année des élections prévues en 2016, le premier projet de recensement avait toutefois été abandonné après de fortes mobilisations populaires. L’opposition et des organisations de la société civile soupçonnaient alors le pouvoir d’utiliser le recensement comme un levier de « glissement » pour prolonger le mandat du président Joseph Kabila. Depuis, les débats autour de l’identification de la population et du calendrier électoral restent marqués par une forte méfiance politique.
Aujourd’hui, alors que la guerre dans l’Est, les discussions autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle et les déclarations du président Félix Tshisekedi sur l’impossibilité d’organiser des élections dans un territoire partiellement occupé nourrissent les interrogations autour de 2028, la question de l’identification revient progressivement au centre du débat public.
À ce stade, l’identification de la population n’est pas officiellement présentée comme une condition préalable à l’organisation des élections de 2028. Mais l’étude met en évidence plusieurs ambiguïtés autour de la mutualisation entre la Ceni, l’Onip et l’Institut national des statistiques (INS), ainsi que des tensions autour du futur fichier électoral.
La note revient également sur les difficultés administratives liées à l’identification de la population : centralisation et actualisation des données démographiques, faibles capacités des services étatiques, manque d’infrastructures et difficultés de coordination entre les institutions concernées.
Enfin, l’étude aborde les enjeux financiers et les risques de corruption liés aux marchés publics de l’identification biométrique et de l’enrôlement des électeurs, alors que le coût élevé de ces opérations soulève de nouvelles interrogations sur leur faisabilité et leur financement.
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Landila, le premier baromètre de suivi des engagements du gouvernement congolais. Il suit de manière transparente l’état d’avancement des engagements pris par l’exécutif congolais.
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Le "Congomètre" est un outil de datavisualisation développé par l'institut de recherche Ebuteli qui centralise et présente sous forme de graphiques dynamiques les données sur les perceptions des citoyens congolais concernant la politique et les dynamiques électorales.
Baromètre sécuritaire du Kivu
Le Baromètre sécuritaire du Kivu cartographie la violence, analyse les tendances et documente les violations des droits humains dans l'est du Congo.
Dans la presse
- Jan 13, 2026Source
« D’abord, il faut clarifier. Il y a un besoin de cohérence par rapport aux autres processus. On ne peut pas laisser quatre processus évoluer dans tous les sens. Aujourd’hui, nous avons le processus de Luanda, celui de Washington, l’initiative de la CENCO, le processus de l’Union africaine, et maintenant celui de l’Angola. Il est important de mettre de l’ordre, de situer le processus de Luanda, et éventuellement d’en clore certains ou de les harmoniser.»
Fred BaumaEbuteli - Jan 13, 2026Source
« D’abord, il faut clarifier. Il y a un besoin de cohérence par rapport aux autres processus. On ne peut pas laisser quatre processus évoluer dans tous les sens. Aujourd’hui, nous avons le processus de Luanda, celui de Washington, l’initiative de la CENCO, le processus de l’Union africaine, et maintenant celui de l’Angola. Il est important de mettre de l’ordre, de situer le processus de Luanda, et éventuellement d’en clore certains ou de les harmoniser.»
Fred BaumaEbuteli - Jan 13, 2026Source
« D’abord, il faut clarifier. Il y a un besoin de cohérence par rapport aux autres processus. On ne peut pas laisser quatre processus évoluer dans tous les sens. Aujourd’hui, nous avons le processus de Luanda, celui de Washington, l’initiative de la CENCO, le processus de l’Union africaine, et maintenant celui de l’Angola. Il est important de mettre de l’ordre, de situer le processus de Luanda, et éventuellement d’en clore certains ou de les harmoniser.»
Fred BaumaEbuteli
Ebuteli collabore avec le Groupe d'étude sur le Congo (GEC). Ce dernier a été fondé en 2015 dans le but de promouvoir des recherches rigoureuses et indépendantes sur les violences qui affectent des millions de Congolais. Aujourd'hui, les recherches bilingues du GEC visent à expliquer à un large public les interactions complexes entre politique, violence et économie politique en RDC.
